Cette année, lors d’un cours à mes étudiants, je leur ai demandé combien de temps ils passaient sur leur téléphone chaque jour.
Certains m’ont répondu “14 heures”.
14 heures !
Au début, je n’y croyais pas, alors j’ai vérifié… Et c’était vrai.
Sur le moment, j’ai trouvé ça très inquiétant pour notre société. Parce que notre jeunesse s’entraine à caresser le verre de son téléphone comme des athlètes de haut niveau.
Puis j’ai réfléchi et honnêtement, ne faisons-nous pas la même chose à différentes échelles ?
Par exemple, lorsqu’on échoue à tenir nos bonnes résolutions, à arrêter de fumer, à lancer son entreprise, à passer moins de temps sur Netflix, à se motiver pour refaire son CV ou commencer à publier sur LinkedIn ?
À force d’échouer, on finit par se convaincre qu’on est nul, que l’on manque de discipline, de volonté ou de concentration.
Mais c’est le contraire.
Paradoxalement, mes étudiants m’ont prouvé que nous pouvons être incroyablement concentrés. Le problème, c’est que nous le sommes sur les mauvaises choses.
Mais ce n’est pas vraiment de notre faute.
On vit dans un monde conçu par des armées d’ingénieurs comportementaux pour aspirer toujours plus notre attention comme dans un vortex. Et je ne parle pas que des réseaux sociaux.
On a tous essayé de s’en sortir mais ça n’a jamais marché.
Parce que vouloir changer ne suffit pas. Pas plus que de se fixer des objectifs.
En réalité, c’est une question de neuroplasticité.
C’est un mécanisme par lequel le cerveau réorganise sa structure en réponse à son environnement, ses apprentissages et ses expériences jusqu’à forger nos habitudes et influencer notre identité.
Autrement dit, chaque décision, chaque action et chaque pensée qui nous traverse l’esprit sont comme un entrainement pour notre cerveau.
Le truc, c’est que notre cerveau ne fait pas la différence entre les habitudes qui nous rendent heureux et celles qui nous portent préjudice. Il s’adapte simplement pour répéter plus efficacement les mêmes choses encore et encore, jusqu’à en faire notre mode par défaut.
Par exemple, certains s’entrainent toute leur vie à grignoter ce vilain paquet de chips en rentrant du travail ou à scroller pendant des heures jusqu’à tomber de sommeil. Mais comme la neuroplasticité influence également notre manière de penser et de voir le monde, certains s’entrainent à se plaindre de leur sort ou à se concentrer sur le négatif. Avec le temps, leur cerveau devient neurologiquement optimisé pour tout voir en noir parce qu’ils s’y sont entrainés pendant des années.
Bref, si vous n’avez jamais fait l’effort conscient de construire votre forteresse mentale, il est très probable que vous soyez plus ou moins victime de votre environnement, de vos mauvaises habitudes et de vos schémas mentaux.
Alors, comment briser le cycle ?
Je ne vais pas vous dire de supprimer les notifications de vos téléphones, d’éteindre les chaines d’info en continu ou de mettre un bloqueur de temps d’écran. Je veux que vous tiriez vous-même les conclusions de ce que vous vous apprêtez à lire.
En tant qu’ancien publicitaire passionné de neurosciences, je me suis plongé dans les mécanismes de la neuroplasticité pour comprendre comment ça marche et surtout, comment reprendre le contrôle sur notre vie et nos pensées.
Vous l’avez compris, ceci n’est pas un cours sur la neuroplasticité.
Dans cet essai, je veux décrire certains mécanismes cérébraux que j’ai trouvés passionnants. De cette façon, j’espère vous aider à comprendre pourquoi vous n’arrivez pas à changer et comment corriger ça.
C’est parti.
I - Pouvons-nous vraiment changer ?
C’est une bonne question, parce que la réponse n’est pas si évidente.
En philosophie, certains affirment que nos actions sont intrinsèquement dictées par notre passé, notre biologie ou notre environnement. C’est le déterminisme. Par exemple, pour Spinoza, le libre arbitre est une illusion. Les hommes s’imaginent libres parce qu’ils ont conscience de leurs désirs mais en réalité ils ne savent pas ce qui les provoque.
Pour d’autres, c’est le contraire. À l’opposé du déterminisme, Sartre, par exemple, affirme que “l’existence précède l’essence”. Autrement dit, l’être humain n’est pas programmé à l’avance, si bien qu’il est condamné à être libre. Il doit donc construire sa propre vision du monde, son système de valeurs et trouver seul le sens de sa vie.
Mais au regard des récentes découvertes en neurosciences, ces deux visions du monde ne sont pas entièrement satisfaisantes.
Parce que si tout est déterminé, comment expliquer que certaines personnes parviennent à changer profondément ? Et si, au contraire, rien n’est déterminé, pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à changer alors qu’elles le veulent vraiment ?
C’est parce que ces deux visions du monde sont en partie vraies.
En effet, d’après la psychologie cognitive, nous sommes “déterminés” par notre environnement, nos valeurs, nos croyances, notre biologie, notre éducation, etc… Par exemple, c’est ce qu’a décrit le psychologue Daniel Kahneman dans ses travaux sur les systèmes 1 et 2. Il montre que la grande majorité de nos décisions sont intuitives, automatiques et émotionnelles… Donc en partie déterminées.
Mais la science nous montre que nous pouvons changer. C’est-à-dire reprogrammer notre cerveau pour influencer nos pensées et nos comportements jusqu’à devenir quelqu’un d’autre.
C’est la neuroplasticité.
Pendant longtemps on a pensé que la neuroplasticité était réservée aux enfants : durant une bonne partie du XXe siècle, la science considérait que le cerveau ne pouvait plus changer à l’âge adulte. Depuis, on a montré que non seulement notre cerveau peut évoluer mais qu’il le fait tout au long de notre vie.
Pour faire simple, on divise généralement la neuroplasticité en deux grandes catégories.
D’abord, la neuroplasticité fonctionnelle, quand le cerveau déplace des fonctions d’une zone endommagée vers une zone saine, ou réassigne des neurones inutilisés à de nouvelles tâches.
En 1848, Phineas Gage était contremaitre sur un chantier lorsqu’une explosion propulsa une barre à mine à travers sa mâchoire pour ressortir par le haut de son crâne en lui arrachant une partie de son cerveau.
Miraculeusement, il survécut. Mais les dommages causés à son cerveau avaient profondément modifié certaines de ses facultés mentales, ainsi que sa personnalité.
Avant l’accident, Phineas Gage était respecté par ses ouvriers et son employeur. Il avait la réputation d’être travailleur, responsable et agréable avec les autres. Bref, un bon gars.
Mais après l’accident, Gage était devenu impulsif, colérique et particulièrement capricieux. Car la barre à mine avait arraché une partie de son cortex préfrontal, la zone de la réflexion et du contrôle de soi. Si bien que Gage disait toutes les horreurs qui lui passaient par la tête (du moins, ce qu’il en restait) et cédait à toutes ses envies, comme un enfant.
On raconte que ce changement de personnalité fut permanent, mais en réalité il n’a pas duré.
Même si Gage n’a jamais récupéré 100% de ses capacités, il a retrouvé ses compétences sociales et a vécu une vie relativement normale après sa convalescence, pouvant même exercer un métier exigeant.
Plus tard, les recherches du psychologue Malcolm Macmillan ont suggéré que le cerveau de Gage s’était réorganisé pour assurer des tâches qui incombaient précédemment à la partie manquante.
Voilà pour la neuroplasticité fonctionnelle.
Mais il y a un second type de neuroplasticité, qui devrait beaucoup plus vous intéresser. La neuroplasticité structurelle.
C’est la capacité du cerveau à modifier sa structure et son organisation suite à un apprentissage, à une activité ou à son environnement. Par exemple, c’est ce mécanisme qui est à l’œuvre lorsque vous ancrez une nouvelle habitude dans votre quotidien ou apprenez une nouvelle langue.
Une étude menée sur les chauffeurs de taxi à Londres (avant l’arrivée du GPS) a montré que leur hippocampe était plus développé que la moyenne.
Et plus les chauffeurs avaient d’expérience, plus leur hippocampe était développé.
Or, cette zone est impliquée dans la mémoire et la position spatiale. Bref, c’est comme si les chauffeurs de taxi avaient littéralement téléchargé le plan de Londres dans leur cerveau.
Tout ça pour dire que nous sommes effectivement déterminés par l’organisation de notre cerveau…
Mais que cette organisation peut être influencée par nos habitudes, notre environnement et nos expériences.
Autrement dit, changer est possible, même si c’est difficile.
Et c’est exactement ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.
II - Pourquoi changer est si difficile
Parce que vous êtes (probablement) trop vieux. Blague à part, ne le prenez pas mal, je m’inclus dans le lot.
En effet, l’essentiel de notre plasticité cérébrale se passe avant nos 25 ans :
Avant 25 ans : votre cerveau est une machine à apprendre. L’assimilation des langues ou des nouvelles compétences se fait presque passivement. Parce que le cerveau de l’enfant possède énormément de connexions cérébrales et son développement consiste principalement à éliminer celles qui ne servent pas.
Après 25 ans : la plasticité naturelle disparait progressivement. Vous pouvez toujours reprogrammer votre cerveau, mais au prix d’un effort conscient et de processus spécifiques.
Mais ça ne dit pas pourquoi il devient plus difficile de changer une fois adulte.
Parce que notre cerveau ne représente que 2% de notre masse corporelle mais consomme 20% de l’énergie totale de notre corps.
Bref, c’est une machine très gourmande qui cherche à économiser son énergie.
Sauf que lorsque nous sommes face à de la nouveauté (que ce soit une pensée ou une activité), notre cerveau doit mobiliser des réseaux de neurones inefficaces, ce qui consomme beaucoup d’énergie.
Et ça, notre cerveau préfère autant éviter.
Voilà pourquoi changer est aussi difficile.
Parce que ça implique nécessairement de sortir de votre zone de confort. Et par “sortir de sa zone de confort”, ça veut dire, du point de vue des neurosciences, “emprunter des réseaux neuronaux inefficaces”.
Mais que se passe-t-il quand on persévère ?
Notre cerveau s’adapte.
C’est justement le rôle de la neuroplasticité de réduire ce coût métabolique grâce à trois processus biologiques :
La synaptogenèse : lorsque vous apprenez quelque chose de nouveau ou vivez une nouvelle expérience, les neurones sollicités déploient leurs branches (dendrites) pour se rapprocher de leurs voisins et capter plus facilement leurs signaux. Autrement dit, votre cerveau crée de nouvelles connexions.
La myélinisation : les chemins neuronaux souvent utilisés sont progressivement recouverts de myéline, une gaine graisseuse qui entoure l’axone (le “câble” du neurone). C’est ce qui permet à l’information de circuler beaucoup plus vite.
L’élagage synaptique : à l’inverse, les connexions qui ne sont plus utilisées s’affaiblissent jusqu’à parfois disparaitre, même si ça devient plus rare à l’âge adulte. Bref, notre cerveau optimise son réseau en affaiblissant les connexions inutilisées.
Ainsi, changer demande littéralement de se battre contre son cerveau et de dépenser des ressources en empruntant des chemins neuronaux inefficaces alors qu’il existe d’autres chemins parfaitement myélinisés.
Voyez ces chemins comme le pli sur une chaussure en cuir. À force de marcher, le pli se creuse jusqu’à marquer durablement.
Ces plis sont vos habitudes et vos compétences.
Or, comme sur une chaussure, une fois un pli marqué, c’est souvent pour la vie. Des fois c’est super, mais d’autres fois non.
Par exemple, c’est super parce que “faire du vélo ne s’oublie pas”, même après des années. Mais c’est aussi la raison pour laquelle les alcooliques en rémission ne doivent plus toucher une seule goutte d’alcool de leur vie.
En résumé, changer n’est ni une question de volonté ni de discipline. Et c’est difficile pour un adulte.
Mais c’est possible à condition d’activer les bons processus mentaux.
Voici comment.
III - Le rôle de la métacognition
“J’écris beaucoup dans mon journal pour décomposer mes pensées et c’est passionnant. Parce que si vous pouvez contrôler ce que vous pensez, alors vous contrôlez qui vous êtes. Et à 22 ans, avec la neuroplasticité de mon côté, je peux devenir exactement la personne que je veux. C’est pas cool, ça ?”
Eileen Gu - Skieuse acrobatique médaillée d’or des JO de 2026.
Je pourrais entrer dans le détail de l’ensemble des processus biologiques de la neuroplasticité. C’est très intéressant, mais pas très pratique.
Ce que vous voulez, c’est influencer activement la création et le renforcement des bonnes connexions neuronales afin de créer de nouvelles habitudes qui travaillent pour vous et pas contre vous.
D’ailleurs, c’est ce que les chercheurs appellent la neuroplasticité autodirigée.
Comment ça marche ?
Grâce à la métacognition.
Ça signifie littéralement “penser à ses propres pensées”. Autrement dit, c’est le fait de prendre du recul sur votre manière de réfléchir.
Concrètement, pour enclencher la neuroplasticité (avec la synaptogenèse et la myélinisation), le cerveau a besoin d’identifier ce qui est important pour vous.
Ça fonctionne grâce à un neurotransmetteur, l’acétylcholine, qui régule l’attention et la concentration, mais surtout qui aide le cerveau à identifier les réseaux de neurones à myéliniser. C’est ce processus qui nous permet d’apprendre de nouvelles compétences.
Justement, la métacognition demande une attention soutenue sur nos processus internes, ce qui est favorisé par la libération d’acétylcholine.
Mais ce n’est pas tout.
La métacognition vous force également à sortir du “mode automatique”, là où les mauvaises habitudes perdurent.
C’est-à-dire que la métacognition vous permet de marquer un nouveau pli, ce qui prive en même temps l’ancien pli myélinisé de son trafic : il s’efface progressivement par le processus d’élagage synaptique.
En gros, vous perdez vos mauvaises habitudes.
Voilà pourquoi la métacognition est le chef d’orchestre du changement et de la neuroplasticité autodirigée.
Mais comment faire au juste ?
Vous devez créer volontairement de la friction cognitive.
Pour ça, il faut activement observer vos pensées tout en essayant de les recadrer dans la direction que vous souhaitez.
Par exemple, quand vous essayez d’apprendre quelque chose, posez-vous des questions stratégiques :
“Quel est mon objectif ? Quelle est la meilleure stratégie pour y arriver ? Est-ce que ce que je suis en train de faire est utile ? Y a-t-il un outil qui pourrait m’aider ? Qu’est-ce qui a bien fonctionné ? Comment puis-je m’améliorer pour la prochaine fois ?”
Vous avez compris l’idée.
D’ailleurs, il y a plein d’outils et de méthodes.
Par exemple, j’adore faire du journaling, qui me permet de décharger mon cerveau mais aussi de noter mes pensées en faisant des liens entre mes réactions et mes décisions.
Mais vous pouvez aussi méditer pour vous forcer à observer vos pensées.
Il n’y a pas de règle universelle.
Retenez simplement que la méthode consiste à prendre du recul sur vos pensées puis à les rediriger vers votre objectif.
Et la bonne nouvelle, c’est que plus vous observerez régulièrement vos pensées et plus vous deviendrez bon grâce à la neuroplasticité. Et à force de vous entrainer, vous pourrez remodeler activement votre cerveau en fonction de vos besoins.
C’est un cercle vertueux qui peut vous mener à davantage de sagesse.
Parce que la sagesse, ce n’est pas simplement contempler des idées abstraites, c’est l’art de savoir quels problèmes méritent qu’on y consacre du temps et de l’énergie. C’est littéralement exercer son jugement.
Et je pense que c’est la compétence dont nous avons le plus besoin dans notre société actuelle.
Voilà pourquoi je considère que la métacognition est une piste extrêmement intéressante pour remodeler votre cerveau et reprendre le contrôle de votre vie et de vos pensées.
J’aimerais creuser davantage le sujet dans une prochaine édition, parce que c’est aussi un thème qui me passionne. Dites-moi en commentaire si ça vous intéresse.
Mais pour le moment, j’aimerais vous montrer comment la neuroplasticité peut vous aider à devenir une nouvelle personne.
IV - Comment forger votre éthos
“On parle beaucoup des résultats en natation mais peu des entrainements. C’est 4 heures par jour à haute intensité. Je mange 6 fois par jour, sans prendre de poids, ce qui vous donne une idée des calories que l’on brule pendant l’entrainement. Le matin, c’est départ à 6 heures, avec 1 minute de repos pour 2 heures d’entrainement. Oui, c’est pas très fun.”
Léon Marchand - Nageur olympique, médaillé d’or aux JO de Paris de 2024.
Pour Aristote, l’éthos est ce que nous faisons tous les jours, c’est-à-dire l’ensemble des habitudes et des dispositions qui forgent notre caractère et assoient notre crédibilité.
C’est le mode de vie que nous projetons au monde.
Or, on vient de voir que notre mode de vie influence profondément notre plasticité cérébrale.
Le problème, c’est que tous les modes de vie ne vous conviendront pas.
Par exemple, je suis un ancien publicitaire devenu auteur et stratège éditorial pour les indépendants et les entrepreneurs.
Concrètement, mon travail consiste à publier du contenu que j’essaye de rendre le plus intéressant possible pour attirer des lecteurs et des clients qui veulent apprendre à faire la même chose.
D’un point de vue extérieur, j’ai un mode de vie sympa. Je me lève sans réveil, puis je prends un café avant d’explorer mes idées et de les publier. En retour, je reçois des likes, de gentils commentaires et une petite notoriété.
Mais dans les coulisses, ce n’est pas très fun.
Chaque matin, je m’installe à mon bureau pour écrire pendant 3 ou 4 heures dans le silence et la solitude. Puis, l’après-midi, je m’occupe de mes clients en visio, avant de traiter toute la paperasse administrative, les comptes rendus, les factures et les déclarations fiscales…
Et ça, tous les jours.
Pour vous, c’est peut-être un mode de vie ennuyeux.
Et je le comprends. J’imagine à quel point ça doit être un enfer pour un sportif de haut niveau d’avoir le cul vissé sur une chaise pendant des heures à écrire et réécrire les mêmes trucs, tous les jours.
Mais comprenez bien que c’est pareil pour tout le monde.
Pensez à cet entrepreneur reconnu pour son ingéniosité, à cet artiste qui peint des fresques magnifiques en ville ou à cet humoriste qui fait salle comble partout en France.
Vous admirez ce qu’ils représentent, c’est à dire leur éthos.
Mais il est probable que leur mode de vie ne vous conviendrait pas, pourtant ils vous inspirent et vous donnent envie de faire la même chose.
C’est la première raison pour laquelle les gens n’arrivent pas à changer.
Parce qu’au fond de nous, nous savons pertinemment ce que nous devrions faire pour obtenir le résultat que nous souhaitons. Mais nous ne le faisons pas.
Pourquoi ?
Parce que nous ne voulons pas vraiment devenir la personne que nous admirons. On veut le statut, mais sans le mode de vie qu’il implique. On veut les abdos sans aller à la salle. On veut les abonnés sans rien publier. On veut la belle voiture sans démarcher le moindre client.
On est influencé par ce qu’on voit sur les réseaux. On se compare. Et on rêve d’une façade qui n’existe pas vraiment.
Résultat, la comparaison ne mène qu’à la frustration soit en devenant une pâle imitation, soit par l’inaction. À terme, ça donne le syndrome de l’imposteur.
Alors qu’au contraire, un véritable modèle doit vous aider à agir, à vous dépasser et à explorer votre zone de génie.
Mais d’expérience, si vous n’êtes pas encore passé à l’action, c’est souvent parce que vous n’avez pas encore trouvé votre propre zone de génie.
Alors, demandez-vous.
Désirez-vous vraiment incarner un éthos (et le mode de vie qu’il implique) ou désirez-vous simplement son statut inspiré par une chimère ?
Si ça vous parle et que vous voulez allez plus loin pour découvrir votre zone de génie, j’ai rédigé une édition sur ça.
Maintenant, la seconde raison pour laquelle les gens n’arrivent pas à changer, c’est qu’ils n’ont pas encore le courage, la force ou les ressources pour le faire.
Souvent parce que vous avez décidé de vous réinventer récemment.
Le problème, c’est que la vie vous a déjà assigné une identité. Maintenant, je précise que ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.
Vous pouvez être un salarié exceptionnel, un parent dévoué, un ami fidèle… C’est super et ça vous convient peut-être. Mais dans le cas contraire, c’est le meilleur moyen de vivre sa vie en mode pilote automatique avec l’intuition que quelque chose ne va pas. Résultat, certains font un burnout à l’aube de leurs 40 ans quand ils réalisent qu’ils ont vécu la vie de quelqu’un d’autre pendant toutes ces années.
Comme le disait Sartre, vous êtes condamné à être libre. Autrement dit, le sens de la vie ne se trouve pas, il se choisit. Et si vous ne choisissez pas, alors la société vous en imposera un.
Voilà pourquoi se réinventer est aussi difficile.
Parce que changer implique parfois de faire des choses qui contredisent votre ancienne identité et d’arrêter d’utiliser les plis neuronaux de vos anciennes habitudes.
Fait ça vous met (provisoirement) en situation d’inconfort en générant de la dissonance cognitive parce que vos actions ne sont plus alignées avec votre ancienne identité.
Sans parler de la peur de ce que les gens vont penser de vous.
Que vont dire mes collègues si je me mets à publier sur LinkedIn ? Est-ce que ma copine va me soutenir si je démissionne pour lancer ma boite ? Que vont dire mes copains fêtards quand je vais décliner leur invitation parce que je dois me lever tôt pour aller à la salle de sport demain ?
En résumé, les gens n’arrivent pas à changer pour deux raisons :
Embrasser une nouvelle identité pour de mauvaises raisons (notamment la comparaison) ne vous incite pas à changer votre quotidien et déclenche un syndrome de l’imposteur.
Et se réinventer implique parfois d’accomplir des choses qui ne sont plus alignées avec votre ancienne identité, ce qui mène provisoirement à la dissonance cognitive et à la peur du rejet.
Dans les deux cas, vous devez pleinement embrasser votre éthos, c’est-à-dire un mode de vie qui définira votre identité aux yeux du monde.
Oui, clairement, dans ces conditions, c’est souvent plus simple de ne rien changer. Et oui, c’est facile de juger les autres.
C’est facile de se dire que les gens n’ont aucune discipline et ne font aucun effort. Mais en réalité, vous n’imaginez pas à quel point ils sont courageux et à quel point ils luttent contre eux-mêmes.
Voilà pourquoi ils sont une source d’inspiration inestimable.
Parce qu’essayer, c’est déjà faire tellement plus que la majorité des gens.
Alors à ces personnes, je veux dire que ce n’est pas grave d’abandonner. Je dirais même que c’est normal et que ça fait partie du processus.
Parce que même si vous avez échoué, n’oubliez pas que derrière chaque tentative se gravent plus profondément de nouveaux plis neuronaux, timides aujourd’hui, mais qui, petit à petit, deviendront un jour votre nouvelle identité.
Ça a l’air cliché dit comme ça, mais ne lâchez rien.
La neuroplasticité est de votre côté.
V - Façonner votre environnement
Pour finir, je ne pouvais pas ne pas parler de l’impact de notre environnement sur notre cerveau.
Parce que si j’aime beaucoup l’idée de pouvoir remodeler activement son cerveau grâce à la neuroplasticité autodirigée, j’ai bien conscience que c’est très difficile de se réinventer quand tout votre environnement joue contre vous.
Notre environnement influence notre identité exactement comme l’eau prend la forme du récipient dans lequel elle se trouve.
Prenez l’idiot du village et entourez-le de prix Nobel, il deviendra très malin.
Mais prenez le premier de la classe et entourez-le de cancres, il se mettra à gratter le radiateur au fond de la salle comme les autres.
Vous voyez le principe.
La métacognition donne le cap à suivre pour votre cerveau. Mais si votre environnement se résume à un téléphone qui vous bombarde de notifications, à un frigo rempli de conneries et à une chaine d’info en continu qui tourne en fond dans votre salon, ça va être difficile d’être concentré, svelte et positif.
Et encore une fois, ce n’est pas de votre faute : notre monde est addictif et favorise le biais de négativité.
C’est là que la métacognition devient un super-pouvoir.
Avec elle, vous pouvez façonner délibérément un environnement favorable, souvent en supprimant les distractions, les freins et les éléments toxiques de votre quotidien.
C’est plus facile de changer de cette façon.
Par exemple, on sous-estime le rôle de l’entourage.
Si vous voulez devenir un bon créateur, rejoignez des ateliers d’écriture. Si vous voulez devenir un avocat de renom, rejoignez un grand cabinet. Si vous voulez devenir meilleur en dessin, prenez des cours.
Mais façonner son environnement va beaucoup plus loin que l’entourage.
L’idée principale est de vous mettre dans un contexte où votre éthos est valorisé et facilité.
Il y a plusieurs critères pour que ça fonctionne.
Assurez-vous que votre environnement vous permette de :
Pratiquer souvent : il n’y a pas de fréquence idéale, mais pour faire simple, il se passe quelque chose de magique quand vous pratiquez tous les jours. Votre cerveau va se recâbler efficacement grâce à la libération d’acétylcholine.
Bien vous reposer : contrairement à ce que l’on imagine, le cerveau ne modifie pas sa structure pendant l’éveil, mais pendant le sommeil. Or, la dette de sommeil imposée par notre société frénétique ne favorise pas la plasticité cérébrale. Maintenant vous savez pourquoi vous devriez faire de votre sommeil une priorité.
Sortir de votre zone de confort : des chercheurs énoncent qu’éprouver un léger stress permet de libérer de l’acétylcholine pour aider à recâbler votre cerveau. En gros, si ça ne vous semble pas un peu difficile, alors c’est que vous n’apprenez pas grand-chose.
Voilà, c’est déjà pas mal !
Que retenir de tout ça ?
Déjà, que se réinventer n’est pas une affaire de volonté ou de discipline mais de neuroplasticité.
Pour ça, pratiquez la métacognition : l’art de prendre du recul sur vos propres pensées. Alors vous allez développer votre sagesse et votre jugement.
Enfin, façonnez votre environnement pour soutenir votre éthos et un mode de vie dans lequel vous êtes encouragé à pratiquer votre zone de génie.
Maintenant, gardez en tête que cet essai est une vulgarisation sur les neurosciences et que j’ai omis volontairement certains éléments. Mais cette édition fait déjà 4497 mots et je ne voulais pas que ça soit trop long.
Au passage, félicitations, parce que vous venez de réparer un peu votre capacité d’attention et d’entrainer votre cerveau à lire des contenus denses et profonds.
Si vous avez apprécié cette édition, le plus beau compliment que vous puissiez me faire, c’est d’appliquer ces principes et de me dire ce que ça a changé pour vous. Et sinon, vous pouvez mettre un like sur Substack, ça fait toujours plaisir.
Merci de lire Insight.
Clément.
P.S. Si vous voulez aller plus loin, que vous avez des choses à dire ou que vous voulez trouver plus de clients grâce à vos contenus, c’est tout le but de mon accompagnement :
Si vous avez des idées mais que vous ne savez pas comment en parler, je vous aide à clarifier votre positionnement unique, à identifier votre zone de génie et à rendre votre message plus visible grâce à des formats qui assoient votre autorité.
Et si vous avez du mal à vous motiver ou que vos contenus ne font pas assez visibles, on co-rédige vos contenus lors d’un atelier d’écriture hebdomadaire. Vous en sortirez avec un (ou plusieurs) posts prêts à être publiés et optimisés pour la performance.
Ne laissez plus vos concurrents capter vos clients simplement parce qu’ils communiquent mieux.
Si ça vous intéresse, prenez un rendez-vous de découverte ici.


